Édition 2026

Équipement de sécurité bateau obligatoire : la liste par catégorie de navigation (Division 240)

Le matériel de sécurité imposé à bord selon la zone de navigation : basique, côtier, semi-hauturier, hauturier. Tableau récapitulatif Division 240, équipements clés, péremption et contrôles.

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01 En bref : le matériel obligatoire selon votre navigation

Le cadre : la Division 240 (arrêté du 11 avril 2012) fixe le matériel obligatoire des bateaux de plaisance de moins de 24 m en mer.
4 catégories selon la distance d'un abri : basique (< 2 milles), côtier (2-6 milles), semi-hauturier (6-60 milles), hauturier (> 60 milles).
Principe additif : chaque catégorie reprend la dotation de la précédente et ajoute du matériel (radeau, VHF, balise…).
Péremption : fusées et feux à main (~3 ans), radeau de survie (révision périodique), extincteurs et gilets autogonflants à contrôler.
Responsabilité : le chef de bord répond de la présence et de l'état du matériel ; un contrôle peut aboutir à une contravention.

Équiper son bateau n'est pas une option : c'est une obligation encadrée par la Division 240, qui liste précisément le matériel de sécurité à embarquer selon la zone où l'on navigue. Ce guide détaille chaque catégorie de navigation, le matériel imposé, un tableau récapitulatif complet, et les règles de péremption et de contrôle à connaître avant de larguer les amarres.

02 La Division 240 : le cadre légal du matériel de sécurité

La Division 240 est l'annexe de la réglementation française (issue de l'arrêté du 11 avril 2012, modifiée depuis) qui définit le matériel d'armement et de sécurité obligatoire à bord des navires de plaisance à usage personnel ou de formation de moins de 24 mètres naviguant en mer. C'est le texte de référence : tout ce qui suit en découle.

Son principe est simple : plus on s'éloigne d'un abri, plus le risque augmente en cas d'avarie, et plus la dotation de sécurité doit être complète. La Division 240 organise donc les obligations en quatre catégories de navigation, définies non pas par la taille du bateau mais par la distance maximale d'un abri à laquelle on compte naviguer.

Qu'appelle-t-on un « abri » ?

Un abri, au sens de la Division 240, est un endroit où le bateau et son équipage peuvent se mettre en sécurité en cas de dégradation des conditions. La distance se mesure depuis cet abri, ce qui détermine la catégorie applicable à votre programme réel. Un plaisancier qui ne s'éloigne jamais de plus de 5 milles relève du côtier, même si son bateau est capable de traversées hauturières.

Ce qui a évolué récemment

Plusieurs mises à jour ont renforcé le texte ces dernières années. La plus marquante concerne le coupe-circuit (kill cord) relié au pilote, devenu obligatoire à la barre franche et sur les jet-skis. Les modalités de choix du VFI et la surveillance de la VHF ont également été précisées. Avant chaque saison, il est prudent de vérifier la version en vigueur sur service-public.fr ou sur le site du ministère chargé de la mer.

À noter : la Division 240 ne rend pas l'assurance obligatoire, et elle ne se confond pas avec les démarches administratives du bateau. Pour ces dernières, voyez notre guide sur la francisation et l'immatriculation d'un bateau.

03 Les 4 catégories de navigation expliquées

Voici les quatre catégories et la logique de dotation qui les distingue. Chacune inclut la précédente : la dotation côtière contient toute la dotation basique, et ainsi de suite.

  1. Basique — moins de 2 milles d'un abri

    La navigation la plus proche de la côte. Dotation minimale centrée sur la flottabilité individuelle, le repérage, l'incendie et la capacité à faire face à une petite avarie : VFI par personne, moyen de repérage lumineux, moyen de lutte anti-incendie, dispositif d'assèchement, ligne de mouillage, dispositif de remontée à bord, et coupe-circuit relié au pilote lorsque le bateau est concerné.

  2. Côtier — de 2 à 6 milles d'un abri

    Dotation basique complétée par les moyens de repérage et de navigation : bouée fer à cheval (ou dispositif de récupération d'homme à la mer), moyens de repérage pyrotechniques, compas, cartes marines de la zone et documents nautiques (RIPAM, annuaire des marées). C'est la catégorie de la grande majorité des plaisanciers en day-cruiser ou semi-rigide.

  3. Semi-hauturier — de 6 à 60 milles d'un abri

    On s'éloigne : la dotation devient sérieuse avec l'ajout d'un radeau de survie adapté au nombre de personnes, d'une VHF fixe (idéalement ASN), de moyens de lutte anti-incendie renforcés, d'une trousse de secours, de fusées à parachute et d'un harnais et longe. La météo et la communication deviennent centrales.

  4. Hauturier — au-delà de 60 milles d'un abri

    La navigation la plus exposée. À la dotation semi-hauturière s'ajoutent une balise de détresse 406 MHz (EPIRB ou PLB), un radeau de survie hauturier (norme ISO 9650-1), une VHF portative étanche, un nécessaire médical hauturier et des moyens de navigation de secours. On est autonome loin de tout secours rapide.

Avant d'acheter, gardez à l'esprit que l'équipement de sécurité pèse dans le budget de mise en service : comptez de quelques centaines d'euros pour une dotation basique à plusieurs milliers d'euros en hauturier (radeau et balise en tête). C'est un poste que nous intégrons dans notre guide combien coûte un bateau.

04 Tableau récapitulatif : catégorie × équipement

Le tableau ci-dessous croise chaque catégorie de navigation avec le matériel principal. « ✔ » signifie obligatoire dans la catégorie ; les cases vides indiquent que l'équipement n'est pas exigé à ce niveau (mais reste recommandé). Ce tableau est un repère : reportez-vous toujours au texte officiel en vigueur pour le détail exact et les quantités.

Équipement Basique
< 2 milles
Côtier
2-6 milles
Semi-haut.
6-60 milles
Hauturier
> 60 milles
Équipement individuel de flottabilité (VFI / gilet) par personne
Moyen de repérage lumineux
Moyen de lutte contre l'incendie (extincteur)✔ +✔ +
Dispositif d'assèchement (écope / pompe)
Dispositif de remorquage
Ligne de mouillage
Dispositif de remontée à bord
Coupe-circuit relié au pilote (barre franche / VNM)
Bouée fer à cheval / récupération homme à la mer
Compas magnétique
Cartes marines + documents nautiques (RIPAM, marées)
Moyens de repérage pyrotechniques (feux à main / fusées)✔ +✔ +
Trousse de secours
Harnais et longe
VHF fixe (idéalement ASN)
Radeau de survie✔ ISO 9650-1
VHF portative étanche
Balise de détresse 406 MHz (EPIRB / PLB)
Nécessaire médical + navigation de secours

« ✔ + » signale une exigence renforcée par rapport à la catégorie précédente (par exemple des moyens anti-incendie ou pyrotechniques plus complets). Tableau de synthèse à valeur indicative : les quantités précises, les alternatives autorisées et les cas particuliers figurent dans le texte officiel de la Division 240.

05 Focus sur les équipements clés

Quelques équipements concentrent l'essentiel des questions et des erreurs. Les voici en détail.

Le VFI / gilet de sauvetage

L'équipement individuel de flottabilité doit être adapté au poids de chaque personne et marqué CE (norme EN ISO 12402). Le niveau de flottabilité augmente avec l'éloignement : au minimum 50 N près de la côte, 100 N puis 150 N dès qu'on s'éloigne ou par mer formée. Les gilets doivent être accessibles immédiatement, pas rangés au fond d'un coffre.

Le coupe-circuit (kill cord)

Sur les bateaux à barre franche et les jet-skis, le coupe-circuit relié au pilote est obligatoire : il coupe le moteur si le pilote passe par-dessus bord, évitant qu'un bateau parte seul ou revienne sur son équipage. C'est l'une des évolutions récentes les plus importantes de la réglementation.

La VHF et le CRR

La VHF fixe devient obligatoire au-delà de 6 milles. Elle permet l'alerte et l'écoute du canal 16. Son utilisation suppose le certificat restreint de radiotéléphoniste (CRR), délivré via l'ANFR. En hauturier, une VHF portative étanche complète l'installation fixe pour garder un moyen d'alerte en cas d'abandon.

Le radeau de survie et la balise

Le radeau de survie (à partir du semi-hauturier) doit être dimensionné pour l'ensemble des personnes à bord et révisé selon le fabricant. En hauturier, la balise 406 MHz transmet une position précise aux secours via satellite : c'est le maillon qui permet d'être localisé loin de toute couverture VHF. Ces deux postes sont les plus coûteux de la dotation.

06 Péremption et entretien : ne pas se faire piéger

Avoir le matériel ne suffit pas : il doit être en état de validité. Un équipement périmé est traité comme un équipement absent lors d'un contrôle, et surtout il peut faire défaut au pire moment. Voici les échéances à surveiller.

Équipement Échéance à surveiller
Feux à main / fusées à parachuteDate de péremption imprimée (~3 ans). À remplacer et déposer en point de collecte agréé.
Radeau de survieRévision périodique en station agréée selon le fabricant (souvent tous les 2-3 ans).
Gilet autogonflableContrôle du percuteur et de la cartouche de CO₂ ; révision périodique recommandée.
ExtincteurVérification selon notice ; contrôle périodique et pression à surveiller.
Balise 406 MHzDate de remplacement de la pile ; enregistrement à jour auprès du CNES/registre.
Feux de bouée / lampesPiles à tester avant chaque saison ; autonomie minimale à respecter.

Le bon réflexe : tenir un petit registre d'entretien et faire un point complet en début de saison. Cette rigueur rejoint celle d'un achat d'occasion : quand on reprend un bateau, on vérifie systématiquement l'état et les dates du matériel de sécurité. Notre checklist en 30 points pour vérifier un bateau d'occasion intègre ce contrôle dans l'inspection avant achat.

07 Contrôles, sanctions et cas du jet-ski

Le respect de la Division 240 est contrôlé en mer par les affaires maritimes, la gendarmerie maritime, la police et les douanes. Le chef de bord est responsable de la présence, de l'état, de l'accessibilité et de la validité du matériel — c'est lui, et non le propriétaire s'il est différent, qui répond en cas de contrôle.

Que risque-t-on ?

Un matériel manquant ou périmé peut entraîner une contravention et, selon la gravité, l'obligation de rentrer au port. Mais la vraie sanction est ailleurs : en cas d'avarie loin de la côte sans radeau, sans balise ou sans moyen d'alerte, le pronostic vital est engagé. La réglementation ne fixe que le minimum vital ; rien n'interdit d'emporter davantage (AIS, seconde VHF, gilets supplémentaires).

Le cas particulier de la location

En location de bateau entre particuliers ou via une société, un registre de vérification du matériel de sécurité peut être exigé : il atteste que la dotation a été contrôlée avant la mise à disposition. Le locataire chef de bord reste responsable en navigation.

Le jet-ski et les VNM

Les véhicules nautiques à moteur (jet-skis) sont pleinement soumis à la Division 240. Ils doivent embarquer un coupe-circuit relié au poignet ou au gilet, un VFI porté par chaque personne, un moyen de repérage lumineux et un dispositif de remorquage. Leur navigation reste en pratique cantonnée à la bande des 2 milles d'un abri, sauf dotation complémentaire. Comme pour tout bateau, la conduite suppose le permis bateau option côtière.

Bien s'équiper, c'est aussi budgéter correctement son projet nautique dès le départ — achat, mise en service et sécurité comprises. Si vous préparez l'acquisition d'un bateau, mettez en concurrence plusieurs organismes de financement en une seule demande via notre formulaire de devis en ligne.

Équipement de sécurité bateau : questions fréquentes

Qu'est-ce que la Division 240 ?
La Division 240 est le texte réglementaire (issu de l'arrêté du 11 avril 2012) qui fixe le matériel d'armement et de sécurité obligatoire à bord des navires de plaisance de moins de 24 mètres naviguant en mer. Elle définit quatre catégories de navigation selon la distance d'un abri, chacune imposant une dotation de matériel croissante. C'est le cadre de référence contrôlé par les affaires maritimes et la gendarmerie maritime.
Quelles sont les catégories de navigation de la Division 240 ?
Il en existe quatre, définies par la distance d'un abri : basique (moins de 2 milles), côtier (2 à 6 milles), semi-hauturier (6 à 60 milles) et hauturier (au-delà de 60 milles). Chaque catégorie reprend la dotation de la précédente et y ajoute du matériel. C'est le programme de navigation réel — pas la taille du bateau — qui détermine la catégorie applicable.
L'équipement de sécurité est-il obligatoire même près de la côte ?
Oui. Même à moins de 2 milles d'un abri, la dotation basique reste obligatoire : un équipement individuel de flottabilité (gilet ou VFI) par personne, un moyen de repérage lumineux, un moyen de lutte contre l'incendie, un dispositif d'assèchement, une ligne de mouillage et un dispositif de remontée à bord. Le coupe-circuit relié au pilote est également requis sur les bateaux à barre franche et les jet-skis.
Le matériel de sécurité a-t-il une date de péremption ?
Une partie, oui. Les feux à main et fusées de détresse ont une validité imprimée (de l'ordre de 3 ans) et doivent être remplacés une fois périmés. Le radeau de survie se révise périodiquement selon les préconisations du fabricant (souvent tous les 2 à 3 ans). Les extincteurs et les gilets autogonflants (percuteur, cartouche de CO₂) demandent aussi une vérification régulière. Un matériel périmé est considéré comme absent lors d'un contrôle.
Le jet-ski est-il concerné par la Division 240 ?
Oui. Un jet-ski est un véhicule nautique à moteur (VNM) soumis à la Division 240. Il doit disposer d'un coupe-circuit relié au poignet ou au gilet, d'un VFI porté par chaque personne embarquée, d'un moyen de repérage lumineux et d'un dispositif de remorquage. Sa navigation est en pratique limitée à la bande côtière (moins de 2 milles d'un abri), sauf équipement complémentaire.
Que risque-t-on en cas de matériel manquant ou périmé ?
Le chef de bord est responsable de la présence, de l'état et de l'accessibilité du matériel. Un contrôle des affaires maritimes, de la gendarmerie maritime ou des douanes peut aboutir à une contravention et, surtout, à un retour au port imposé. Au-delà de l'amende, l'enjeu est vital : le matériel obligatoire correspond au minimum nécessaire pour alerter et survivre en cas d'avarie.
Faut-il une VHF pour naviguer au-delà de 6 milles ?
Oui, à partir de la catégorie semi-hauturière (6 à 60 milles), une VHF fixe est requise, idéalement avec Appel Sélectif Numérique (ASN). Son usage suppose le CRR (certificat restreint de radiotéléphoniste) délivré via l'ANFR. En navigation hauturière, on y ajoute une VHF portative étanche et une balise de détresse 406 MHz.
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