Édition 2026

Vendre son bateau : démarches, acte de vente, fiscalité

Modèle d'acte de vente, déclaration sous 30 jours sur demarches-plaisance.gouv.fr, fiscalité de la revente (plus-value, TVA), radiation de francisation et cas du bateau encore financé à crédit. Tout pour boucler la vente sans angle mort.

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01 En bref : vendre son bateau de plaisance

Acte de vente écrit obligatoire en deux exemplaires originaux : 6 mentions à respecter (identité parties, désignation bateau, prix, date, déclaration de non-gage, signatures).
Déclaration sous 30 jours via demarches-plaisance.gouv.fr (téléservice du ministère chargé de la mer). Sans déclaration, le vendeur reste responsable et redevable de la DAFN.
Plus-value non imposable pour un particulier (CGI art. 150 UA). TVA neutre dans la plupart des cas, sauf bateau acquis HT en leasing pro ou vendu par un professionnel.
Crédit en cours : à solder avant ou à la transaction. Possibilité de rachat de crédit bateau si vous reprenez un autre bateau dans la foulée.
Acheteur étranger : radiation de francisation aux douanes, le bateau perd le pavillon français.

Vendre un bateau de plaisance n'a rien d'une transaction informelle : l'administration des affaires maritimes encadre strictement la mutation, et un dossier mal ficelé fait courir au vendeur deux risques concrets — rester redevable de la DAFN, et conserver la responsabilité civile en cas d'incident postérieur. Ce guide passe en revue chaque étape, du modèle d'acte de vente à la fiscalité, en passant par le cas pratique du bateau encore financé.

02 Modèle d'acte de vente : 6 mentions obligatoires

L'acte de vente d'un bateau se rédige sur papier libre, en deux exemplaires originaux signés (un pour chaque partie). Pas besoin de notaire pour un bateau de plaisance, mais la précision rédactionnelle est essentielle : c'est ce document qui fait foi auprès de la DDTM, des douanes et de l'assureur. La trame minimale ci-dessous reprend les exigences du Code des transports (article L. 5114-3 et suivants) et la pratique des affaires maritimes.

Acte de vente d'un bateau de plaisance — trame type
  1. Identité des parties : nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse complète, n° de pièce d'identité du vendeur ET de l'acheteur. Pour une personne morale : raison sociale, SIREN, siège, représentant légal.
  2. Désignation du bateau : nom du bateau, marque, modèle, année de construction, n° de série de coque (HIN), n° d'immatriculation, longueur hors-tout, type et puissance de motorisation, n° de série du ou des moteurs.
  3. Prix de vente en chiffres ET en lettres, mode de règlement (virement, chèque de banque), date d'encaissement.
  4. Date et lieu de la transaction.
  5. Déclaration du vendeur sur l'honneur que le bateau est libre de tout gage, privilège, nantissement ou opposition, et qu'il en est le propriétaire de plein droit.
  6. Signatures des deux parties, précédées de la mention manuscrite : pour le vendeur "lu et approuvé, bon pour vente" ; pour l'acheteur "lu et approuvé, bon pour acquisition".

Annexes utiles à joindre

L'acte seul ne suffit pas : pour sécuriser la transaction et accélérer la mutation administrative, joignez en annexe :

  • Acte de francisation ou carte de circulation (selon catégorie) — original remis à l'acheteur ;
  • Fiche plaisance (équivalent de la carte grise du bateau) ;
  • Carnet d'entretien moteur et factures des dernières révisions ;
  • Certificat de non-gage récent (téléchargeable sur le portail des affaires maritimes) ;
  • Quittance de la dernière DAFN et attestation de paiement de la place de port en cours.

Plus le dossier est complet, plus la valeur perçue par l'acheteur monte — et plus la négociation reste sereine.

03 Démarches officielles après signature

Une fois l'acte signé, vous avez 30 jours pour boucler la chaîne administrative. Le tableau ci-dessous récapitule les étapes, dans l'ordre.

Étape Qui Document / portail Délai
Déclaration de cessionVendeurdemarches-plaisance.gouv.fr≤ 30 jours
Mutation de la fiche plaisanceAcheteurDDTM (téléservice)≤ 1 mois après acquisition
Mise à jour de la francisationAcheteur (ou vendeur si acheteur étranger)Douanes (DOUANE.GOUV)≤ 1 mois
Résiliation assurance bateauVendeurLettre RAR à l'assureur + acte de venteDate d'effet : jour de cession
Transfert / résiliation place de portVendeur + acheteur (selon port)CapitainerieVariable (souvent non transférable)
Mainlevée de gage (si crédit)Vendeur + créancierActe de mainlevée — DDTMAvant la mutation

Radiation de la francisation : pour qui ?

Si votre bateau est francisé (longueur > 7 m ou puissance administrative > 22 CV) et que l'acheteur souhaite le réimmatriculer hors de France, vous devez en demander la radiation auprès du bureau des douanes du port d'attache. La radiation libère le pavillon français ; sans elle, le bateau resterait administrativement français malgré la vente. Si l'acheteur est français, pas de radiation : un simple changement de propriétaire via la déclaration en ligne suffit.

Le portail demarches-plaisance.gouv.fr en pratique

Le téléservice demarches-plaisance.gouv.fr (ministère chargé de la mer) centralise depuis 2022 la quasi-totalité des démarches plaisance : déclaration de cession, mutation, demande de duplicata, changement d'adresse. La déclaration de cession se fait en quelques clics : vous saisissez le n° d'immatriculation, l'identité de l'acheteur, et téléversez l'acte de vente scanné. Vous recevez un accusé de réception qui vaut preuve de la déclaration — conservez-le précieusement.

04 Fiscalité de la revente : ce qu'il faut savoir

Bonne nouvelle pour la majorité des vendeurs : la plus-value sur la revente d'un bateau de plaisance par un particulier n'est généralement pas imposable. Mais il existe des cas particuliers à bien identifier en amont.

Particulier qui vend son bateau personnel

L'article 150 UA du Code général des impôts exonère d'impôt sur le revenu les plus-values réalisées sur la cession de biens meubles à usage personnel. Le bateau de plaisance entre dans cette catégorie. Concrètement, si vous avez acheté un day-cruiser 75 000 € il y a 6 ans et que vous le revendez 60 000 €, il n'y a évidemment pas de plus-value (vous êtes en moins-value, sans déductibilité). Mais si pour un bateau de collection ou un voilier de course bien revalorisé vous réalisez une plus-value, celle-ci n'est pas imposable au titre de l'IR.

Exception : les bateaux de collection (rares) peuvent relever du régime des œuvres d'art si la cession dépasse 5 000 €. Le vendeur peut alors opter entre la taxe forfaitaire de 6,5 % sur le prix ou le régime de droit commun de la plus-value sur biens meubles. Cas marginal, mais à connaître pour les voiliers classiques restaurés.

Vente entre particuliers : pas de droit d'enregistrement

Contrairement à un véhicule terrestre (où l'acheteur paie une taxe sur certains modèles puissants), la vente d'un bateau entre particuliers n'est pas soumise à droit d'enregistrement. Aucun timbre fiscal, aucune taxe sur la transaction.

TVA : les cas où elle s'applique

La TVA peut entrer en jeu dans trois situations :

  • Vente par un professionnel (concessionnaire, broker assujetti) : TVA à 20 % sur la marge ou sur le prix selon le régime, mentionnée sur la facture.
  • Bateau acquis HT en leasing pro avec option d'achat levée : la revente du bateau récupéré est soumise à TVA (régime des biens d'investissement). Pour le détail, voyez notre page leasing bateau.
  • Bateau neuf revendu rapidement dans l'UE par un particulier (« moyen de transport neuf » : moins de 6 mois ou moins de 100 h de navigation) : la TVA est due dans le pays de l'acheteur.

Conservez systématiquement les factures d'origine et les preuves de paiement de la TVA initiale : c'est ce qui sécurise la revente sans surprise fiscale.

Activité commerciale : régime des entreprises

Si vous avez utilisé le bateau dans une activité commerciale (charter, location, école de voile, pêche professionnelle, BNC), la cession suit le régime des plus-values professionnelles : plus-value à court terme (intégrée au résultat) ou long terme (taxation dégressive selon durée de détention). Le régime exact dépend de votre statut. Demandez une simulation à votre expert-comptable avant de signer : la fiscalité peut représenter 15 à 30 % du prix.

05 Vendre un bateau encore financé : crédit, LOA, leasing

Très grand classique des situations de vente : vous souhaitez revendre un bateau dont le financement n'est pas terminé. Trois cas à distinguer selon le mode de financement initial.

Crédit bateau classique en cours

Avec un crédit bateau, le bateau vous appartient juridiquement, mais l'organisme prêteur a parfois inscrit un gage sur la fiche plaisance (publicité de l'affectation hypothécaire). Pour finaliser la vente :

  1. Demandez à votre banque ou organisme prêteur un décompte de remboursement anticipé (capital restant dû + indemnité éventuelle, plafonnée à 1 % du capital restant si la durée restante dépasse 1 an, à 0,5 % sinon).
  2. Le jour de la vente, le prix de vente sert à solder le crédit. Souvent, l'acheteur règle directement la banque (à hauteur du solde) puis le solde au vendeur. Un séquestre ou notaire peut sécuriser le mécanisme pour les montants élevés.
  3. Une fois le solde reçu, la banque délivre une mainlevée du gage qui doit être déposée à la DDTM pour purger l'inscription.

Cas pratique très fréquent : vous vendez votre bateau actuel pour en racheter un autre. Plutôt que de solder puis re-souscrire, un rachat de crédit bateau reprend le solde du financement en cours et le combine avec le financement du nouveau bateau, en une seule mensualité optimisée. C'est typiquement la situation où passer par notre comparateur fait gagner du temps : vous décrivez le projet (ancien + nouveau), nous mettons en concurrence plusieurs organismes en 24-48 h. Demandez un devis en ligne gratuit.

LOA bateau en cours

En LOA, le bateau appartient à l'organisme financier, pas à vous. Vous ne pouvez donc pas le vendre directement. Trois options :

  • Lever l'option d'achat anticipée (si le contrat le prévoit) : vous payez la valeur de rachat fixée au contrat, devenez propriétaire, puis vendez librement.
  • Trouver un repreneur qui reprend la LOA à votre place (cession de contrat) : sous réserve d'accord de l'organisme financier sur la solvabilité du repreneur.
  • Rendre le bateau en fin de contrat (option par défaut) : pas de revente à faire, mais pas de plus-value possible non plus.

Leasing pro en cours

Mécanisme similaire à la LOA mais en cadre professionnel : le bateau appartient au crédit-bailleur. Levée d'option anticipée possible (généralement coûteuse en début de contrat), puis revente libre. La TVA récupérée à l'origine sera à régulariser au prorata des années restantes : votre expert-comptable doit calculer la régularisation avant la cession.

06 Cas particulier : vendre un bateau étranger ou à un étranger

Avec la mobilité européenne et l'attractivité des marinas méditerranéennes, il est devenu courant de vendre à un acheteur résident dans un autre pays UE, ou de revendre un bateau acheté à l'étranger. Quelques règles à connaître.

Vendre à un résident UE non-français

L'acte de vente reste rédigé en français (ou bilingue), avec les mêmes mentions obligatoires. Trois points spécifiques :

  • Radiation de francisation à demander aux douanes : le bateau perd le pavillon français.
  • Preuve de TVA acquittée à l'origine : pour que l'acheteur puisse réimmatriculer dans son pays sans payer la TVA une seconde fois, il a besoin de la facture d'origine ou du certificat T2L (statut communautaire) délivré par les douanes françaises.
  • Attestation de sortie de territoire : utile en cas de contrôle ultérieur, à conserver dans vos archives 6 ans.

Vendre à un résident hors-UE

Le bateau est exporté : la vente est hors champ TVA française. L'acheteur s'acquittera des droits et taxes à l'importation dans son pays. Conservez le document douanier d'exportation (DAU ou équivalent).

Bateau actuellement sous pavillon étranger

Si vous vendez un bateau sous pavillon belge, britannique ou autre, la vente suit le droit du pavillon pour la mutation administrative. Pour la fiscalité, c'est le pays de résidence du vendeur qui s'applique (pour vous, France). Un courtier maritime (broker) est souvent utile pour ces transactions transfrontalières — il maîtrise les démarches dans les deux pays.

Quelle que soit la configuration, la règle de prudence reste la même : tracer chaque étape par écrit, archiver les documents 6 ans (durée de prescription fiscale) et ne signer la quittance de prix qu'après réception effective des fonds. Pour cadrer le financement de votre prochain bateau, parlez de votre projet à notre comparateur de financement nautique : nous vous mettons en relation avec les organismes les plus pertinents en 24 à 48 heures.

Vendre son bateau : questions fréquentes

L'acte de vente d'un bateau est-il obligatoire ?
Oui — il est exigé par l'administration des affaires maritimes pour tout transfert de propriété d'un bateau immatriculé. Sans acte de vente écrit, l'acheteur ne peut pas obtenir la mise à son nom de la fiche plaisance auprès de la DDTM, et le vendeur reste juridiquement propriétaire (donc responsable, redevable de la DAFN). L'acte se rédige sur papier libre, en deux exemplaires originaux signés. Le télédéclaratif via demarches-plaisance.gouv.fr permet de finaliser la mutation en ligne.
Quelles mentions doivent figurer sur l'acte de vente ?
Six mentions obligatoires : (1) identité complète du vendeur et de l'acheteur, (2) désignation du bateau (marque, modèle, n° de série coque, n° d'immatriculation, longueur, motorisation), (3) prix de vente en chiffres et en lettres, (4) date et lieu de la transaction, (5) déclaration sur l'honneur du vendeur que le bateau est libre de tout gage / privilège / nantissement, (6) signatures des deux parties précédées de la mention manuscrite "lu et approuvé, bon pour vente / bon pour acquisition". Joindre la copie de l'acte de francisation et les certificats moteurs.
Faut-il déclarer la vente à l'administration ?
Oui, et c'est de la responsabilité du vendeur dans les 30 jours. La déclaration se fait via le portail demarches-plaisance.gouv.fr (téléservice du ministère chargé de la mer). Sans déclaration, le vendeur reste sur la fiche plaisance et continue de recevoir l'avis de DAFN. Pour un bateau francisé, la radiation de francisation auprès des douanes est également obligatoire si l'acheteur n'est pas français.
La vente d'un bateau d'occasion est-elle imposable ?
Pour un particulier qui revend son bateau de plaisance, la plus-value n'est pas imposable au titre de l'impôt sur le revenu (article 150 UA du CGI : exonération pour les biens meubles vendus moins de 5 000 €, et au-delà, exonération spécifique pour les biens à usage personnel). En revanche, la TVA peut s'appliquer dans certains cas : revente d'un bateau acquis HT en leasing pro, ou vente par un professionnel. Si vous exercez une activité commerciale (loueur, charter), la plus-value est intégrée au résultat de l'entreprise.
Peut-on vendre un bateau encore financé à crédit ?
Oui, mais le crédit doit être soldé avant ou à la transaction. Trois options : (1) vous remboursez le crédit par anticipation avec vos fonds propres avant la vente, (2) le prix de vente sert à solder le crédit (le notaire ou un séquestre garantit le mécanisme), (3) un rachat de crédit bateau reprend le solde sur un nouveau financement à votre nom (utile si vous achetez un autre bateau dans la foulée). Le créancier peut avoir inscrit un gage : il faut sa mainlevée pour finaliser la mutation. Pour cadrer votre prochain projet, demandez un devis en ligne.
Quelle est la différence entre francisation et immatriculation ?
L'immatriculation est obligatoire pour tout bateau à moteur de plus de 2,5 m ou voilier de plus de 2,5 m : elle attribue un numéro et rattache le bateau à une DDTM. La francisation est en plus exigée pour les bateaux de plus de 7 m ou de plus de 22 CV de puissance administrative : elle confère le pavillon français et entraîne la DAFN annuelle. À la vente, l'immatriculation se mute via la DDTM, la francisation via les douanes (radiation si l'acheteur est étranger, simple changement de propriétaire sinon).
Que faire si l'acheteur est étranger ou si le bateau quitte la France ?
Si l'acheteur est non-résident UE, vous devez demander la radiation de francisation auprès des douanes (formulaire cerfa). Le bateau perd son pavillon français et l'acheteur le réimmatriculera dans son pays. Si l'acheteur est UE (Italie, Espagne, etc.) et que le bateau quitte la France à titre définitif, la TVA française n'est pas remise en cause si elle était bien acquittée à l'origine. Conservez l'acte de vente, la preuve de paiement et l'attestation de sortie de territoire pour vos archives — utiles en cas de contrôle ultérieur.
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